La légende de la Tarasque : histoire, sainte Marthe et traditions de Tarascon

La Tarasque est un dragon amphibie maîtrisé par sainte Marthe, célébré par des fêtes à Tarascon.

  • Dragon amphibie à six pattes, avec une carapace de tortue géante.
  • Sainte Marthe l’asperge d’eau bénite et la rend docile avec une croix.
  • Fêtes instaurées par le Roi René le 14 avril 1474.
  • Organisées chaque dernier week-end de juin, sur quatre jours.
  • Le grand tintamarre obligatoire imite la peur des habitants.

Légende et origine de la Tarasque

La légende de la Tarasque est l’une des plus célèbres de Provence. Cette créature mythique terrifiait les habitants de la région avant d’être maîtrisée par sainte Marthe. Découvrez les origines de ce monstre légendaire et ses caractéristiques impressionnantes.

Selon la tradition, la Tarasque était un dragon amphibie qui vivait dans les eaux du Rhône, près de l’actuelle ville de Tarascon. Son repaire favori se trouvait sur le rocher du château de Tarascon, un lieu stratégique d’où elle pouvait observer et attaquer les voyageurs. La bête semait la terreur en dévorant les passants et en détruisant les récoltes, ce qui poussa les habitants à chercher de l’aide.

Les descriptions de la Tarasque, consignées dans la Légende dorée (1260), la dépeignent comme un monstre à l’apparence hybride. Voici ses principaux traits distinctifs :

  • Dragon amphibie à six pattes : capable de se déplacer sur terre et dans l’eau
  • Yeux rougis et haleine putride : son souffle empoisonné était mortel
  • Carapace de tortue géante : une armure naturelle qui la protégeait des attaques
  • Dents semblables à des épées : acérées et tranchantes comme des lames

L’origine de ce monstre reste floue, mais les historiens pensent que la légende puise ses racines dans des croyances païennes locales, mêlées à des récits chrétiens du Ier siècle. Le nom même de la Tarasque pourrait dériver du pré-indo-européen *tar-, signifiant « rocher », en lien avec son habitat rocheux. Quoi qu’il en soit, la Tarasque de Tarascon est devenue un symbole incontournable de la Provence et de son riche patrimoine légendaire.

Sainte-Marthe et la Tarasque

Sainte Marthe, sœur de Marie Madeleine, arrive de Palestine au Ier siècle pour évangéliser la Provence. À Tarascon, elle découvre un monstre terrifiant qui terrorise la population.

Selon la Légende dorée (1260), Marthe maîtrise la bête sans violence. Elle l’asperge d’eau bénite et lui présente une croix, rendant la créature docile. Les habitants, stupéfaits, la mettent alors à mort.

Son action fait d’elle la sainte patronne de Tarascon. Cet épisode fonde la tradition locale et explique pourquoi la ville honore à la fois la sainte et le monstre qu’elle a dompté.

Fêtes de la Tarasque, symbole de Tarascon et tradition du Roi René

Fêtes de la Tarasque et tradition du Roi René

  • Dernier week-end de juin chaque année
  • Quatre jours de festivités dédiées au monstre
  • Institué par le Roi René fondateur en 1474
  • Fréquence minimale sept fois par siècle sous peine de destitution du maire
  • Grand tintamarre obligatoire pour imiter la peur des habitants

Ces fêtes plongent leurs racines dans un édit célèbre du Roi René, qui hérite du royaume de Provence au XVe siècle. Le 14 avril 1474, il fonde l’ordre des chevaliers de la Tarasque, une confrérie chargée d’organiser les célébrations. La règle est simple : faire un grand tintamarre en tirant des pétards et en agitant des cloches, pour reproduire le vacarme que les habitants auraient fait à l’arrivée de sainte Marthe. Cette tradition est aujourd’hui classée au patrimoine culturel immatériel de France. Les années sans fête furent rares (1846, 1861, 1891), car l’obligation de la tenir au moins sept fois par siècle reste en vigueur.

Tarasque de Tarascon : symbole de la ville

Le nom de la ville lui-même vient du monstre : Tarascon dérive du mot celte Tarouscon, attesté dès le IIe siècle. La racine pourrait être taurus (le taureau) ou une origine pré-indo-européenne *tar-, signifiant « rocher » ou « hauteur ». L’effigie processionnelle de la bête, taillée dans le bois vers 1850, est conservée à l’hôtel de ville et portée lors des fêtes. Elle représente un dragon amphibie à six pattes courtes, une carapace de tortue et des yeux rougis, tel que décrit dans la Légende dorée de 1260. Chaque procession rappelle le combat de sainte Marthe et ancre durablement la créature au cœur de l’identité provençale.

Questions fréquentes sur la légende de la Tarasque

D’où vient la légende de la Tarasque ?

La légende de la Tarasque provient de la tradition chrétienne médiévale, popularisée par la Légende dorée de Jacques de Voragine au XIIIe siècle. Elle raconte l’histoire d’un monstre amphibie terrorisant la Provence, vaincu par sainte Marthe.

Quelles sont les créatures fantastiques de la Provence ?

La Provence compte plusieurs créatures légendaires comme la Tarasque, le Drac (un esprit des eaux), la Bête du Gévaudan, la Coulobre (un serpent ailé) et les Fées de la fontaine de Vaucluse.

Qui étaient les Tarasques dans l’Antiquité ?

Le terme Tarasque désignait dans l’Antiquité des peuples gaulois ou ibères, mais il n’y a aucun lien avec le monstre médiéval. Le nom de la créature serait une déformation de « Tarascon », ville associée au mythe.

Comment sainte Marthe a-t-elle tué la Tarasque ?

Sainte Marthe n’a pas tué la Tarasque par la force. Elle l’a apprivoisée en utilisant de l’eau bénite et en faisant le signe de croix, puis l’a conduite docilement vers les habitants de Tarascon qui l’ont mise à mort.